Pour ses 15 ans, CyberConnect2 a mis tout son amour à réaliser une suite spirituelle à son premier jeu, Tail Concerto, et ça se sent. Graphiquement très joli, rappelant dans son univers certains travaux de M. Miyazaki, Solatorobo : Red the Hunter brille également par sa mise en scène soignée, son rythme narratif bien équilibré et son gameplay accessible et pêchu. Un très bon titre, aux personnages attachants, qu’il serait bien malin d’offrir à un jeune ado de votre entourage, d’autant plus si vous n’assumez pas vous même d’incarner un chien qui parle. Comme un beau gâteau que CyberConnect2 aurait préparé avec amour pour ses 15 ans, Solatorobo est un jeu plein de qualités, dans lequel l’alchimie prend entre tous les ingrédients. L’histoire d’abord : vous incarnez le toutou Red, un chasseur intrépide, qui à bord de son robot DAKHA est capable de soulever toutes sortes de choses assez lourdes et en particulier des ennemis, comme nous le verrons plus en avant dans ce texte. Le héros de cette aventure est accompagné de sa soeur, l’adorable Chocolat, qui depuis le vaisseau du duo, l’Asmodeus, conseille et aiguille son grand frère dans ses missions. Si jusque-là ce sympathique duo remplissait diverses besognes plutôt anodines pour pouvoir payer leur lot de croquettes quotidien, lorsqu’ils vont rencontrer Ehl, un petit chat bien mystérieux, leurs aventures vont prendre une toute autre envergure…
Solatorobo est le modèle type du jeu que l’on aimerait mettre dans les mains de son petit frère, sa petite soeur ou sa progéniture, et cela pour de multiples raisons. Si la trame principale demeure assez simple (elle promet tout de même quelques rebondissements du meilleur effet), les environnements et les personnages à découvrir sont vraiment très attachants. Graphiquement, le titre Bandai Namco est très soigné et un véritable travail de mise en scène dynamise l’ensemble du jeu. Assez bavard, celui-ci est remarquablement et intégralement traduit en français. Si le chara design du titre ainsi que ses jolis décors séduisent d’emblée, Solatorobo se permet une petite fantaisie qui achève de nous charmer : au cours des dialogues, les personnages ponctueront les blocs de texte par des interjections en français, comme dans la version japonaise du titre. Ainsi on sourit dès que l’on entend un « Sapristi ! », un « Nom d’un chien ! », un « Courage ! » ou un même un simple « Oui » adressé par un PNJ, avec cet accent caractéristique d’un japonais qui s’essaye à la langue de Molière.
Solatorobo possède comme autre qualité d’être très accessible dans son système de jeu. Le titre possède un gameplay bien à lui et est un véritable action RPG dans le sens où l’action constitue vraiment le coeur des combats. C’est à bord de son robot que Red fait face à ses ennemis. Plusieurs techniques s’offriront à lui pour en venir à bout mais les plus répandues et souvent les plus efficaces consisteront à marteler le bouton A pour soulever et projeter les assaillants, à l’aide des bras mécaniques du robot, qui serviront aussi à attraper des projectiles en vol, pour les renvoyer à l’expéditeur. La variété des situations proposées par le jeu font que l’on ne se lasse pas de ce système de jeu très simple mais également très efficace. Parmi les variantes à ces joutes où l’on balance à tout va, on trouve des phases aériennes où le DAHAK ne peut voler que quelques instants et dans lesquelles il faudra veiller à atterrir de manière organisée sur les diverses îles qui parsèment notre chemin. On volera aussi pour de vrai, cette fois-ci à bord de vrais avions, lors de courses qui ne sont pas sans rappeler celles de Diddy Kong Racing. Cependant, contrairement au titre Rare, ces phases aériennes sont un peu moins souples dans leur jouabilité et moins fun aussi. Elles n’en demeurent pas moins divertissantes et pourront même être partagées en multi, avec des amis qui posséderont également la cartouche de jeu.
Cependant, l’intérêt de Solatorobo réside véritablement dans son aventure solo. Divisée en de multiples épisodes, celle-ci s’avère vraiment bien rythmée et se boucle, en ligne droite, en une vingtaine d’heure. Mais avec tous les à-côtés des quêtes mineures que vous auriez pu ignorer, une fois embarqué dans l’intrigue, la recherche des différents bonus à collecter (illustrations, musiques, etc.), vous pouvez bien considérer que terminer à 100 % ce titre vous prendra une quarantaine d’heures. Le seul petit bémol que pourront relever les joueurs aguerris, c’est peut-être la personnalisation des stats du robot, assez basique. Il suffit de placer des cubes équivalents à des capacités (puissance, vitesse, défense, etc.) dans des emplacements prévus à cet effet sur le robot. Ils se débloquent au fur et à mesure de l’aventure, en dépensant des « cristaux-P », ces emplacements pouvant coûter 5, 10 ou 15 cristaux. Si vous êtes de ceux qui aiment passer des heures dans les menus à tout paramétrer, c’est loupé, Solatorobo se focalise sur l’action et la narration.
Sayonara !
Psycho Ben.





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