Ce troisième volet d’Uncharted prouve que les bonnes vieilles habitudes de Nathan Drake ont la vie dure. Le jeune aventurier parcours toujours le monde à la recherche d’artefacts anciens en prenant bien soin de s’attirer des ennuis au passage. Cette fois il est question de marcher sur les traces de Francis Drake et du non moins célèbre explorateur Thomas Edward Lawrence, mieux connu comme Lawrence d’Arabie. Afin de retrouver l’Atlantide des Sables, Nathan et ses compagnons devront parcourir la planète en échappant au passage à une organisation dirigée par Katherine Marlowe, une vieille connaissance aussi britannique que machiavélique. Sans trop rentrer dans les détails du scénario et pour éviter le spoil, on verra du paysage dans cet Uncharted 3 et l’affiliation aux films d’aventures de type Indiana Jones n’est clairement pas usurpée… et les clichés qui vont avec non plus. Les fans seront ravis de revoir des figures connues de la série dans des lieux totalement exotiques et fort bien réalisés tandis que les autres s’amuseront du lot de stéréotypes concentrés dans une seule galette, tout ceci n’étant qu’un prétexte au spectacle. Et c’est dans ce sens là qu’il faut aborder Uncharted 3. Certes les ficelles du scénario sont grosses comme des câbles en acier mais comment ne pas réussir à s’enivrer de l’ambiance du jeu quand il est aussi joliment faite ? Car oui, le suspens n’est même pas de mise : Uncharted 3 est sans conteste le titre le plus beau disponible sur consoles de salon. Hormis les nombreuses qualités déjà énumérées dans le précédent épisode et toujours d’actualité dans cette suite, les personnages et les différents environnements sont modélisés à la perfection et on sent le soucis du détails et le soin apporté aux décors et aux textures.
Vous croyiez avoir tout vu ? La précision graphique et sonore du titre permet de s’imprégner pleinement de l’ambiance des lieux visités et de la couleur locale. Déambuler dans un souk du Moyen-Orient et entendre toutes sortes de conversations aux sonorités exotiques est un plaisir qu’on ne saurait que trop conseiller d’apprécier avec un bon kit 5.1. Un petit mot sur la version française du titre, toujours aussi plaisante et réalisée par les mêmes acteurs que pour les précédents opus malgré les rumeurs qui ont fait surface durant le développement du jeu. En terme d’animation on oscille entre l’excellent et le « bizarre », notamment au niveau de la démarche de Nathan qui semble flotter pendant sa course lorsque l’on tente tout simplement de marcher. Mais la fluidité de ses mouvements et le naturel dont fait preuve le héros lorsqu’il prend appuie sur un mur pour avancer ou roule contre un poteau qu’il a heurté est beaucoup plus convaincant. En somme, on s’émerveille devant le gigantisme du travail effectué par les développeurs, et que l’on apprécie ou non ce genre de jeux, le côté « carte postale » du titre mérite à lui seul qu’on lui jette un coup d’œil. Le fin du fin restant quand même l’absence totale d’écran de chargement et de ralentissements ou autre bug de quelques nature que ce soit. Hormis sa belle plastique, Uncharted 3 c’est aussi une aventure qui se déguste comme du petit lait. La vingtaine de chapitres bénéficie d’un rythme soutenu qui fait que l’on a du mal à lâcher la manette, d’autant que la plupart du temps il n’y a pas de transition entre les chapitres et seul l’affichage du titre de l’épisode permet de comprendre qu’on aborde une autre phase de l’aventure. Il faut compter environ une dizaine d’heures bien remplies pour finir l’aventure une première fois mais il ne faut pas oublier la présence de trésors à dénicher dans les divers recoins du jeu et les trophées qui confèrent une bonne rejouabilité au titre.
La licence Uncharted étant désormais bien ancrée dans le catalogue de Sony et jouissant désormais d’une solide base de fans, Naughty Dog a pensé qu’il s’agissait du bon moment pour s’attarder un peu plus sur les personnages de la série et de son héros en particulier. Dans Uncharted 3 : L’Illusion de Drake, des éléments du passé de Nathan surgiront et permettront d’en apprendre davantage sur le personnage et de la relation qu’il entretient avec Sully. Les puristes regretteront peut-être l’humour légèrement en retrait dans cet épisode. Non pas que Drake soit subitement devenu sérieux, mais les répliques tant attendues de Sully se font quand même attendre mais finissent malgré tout par arriver. Attention, l’humour typique des personnages est toujours au rendez-vous mais c’est la noirceur de Drake et son passé qui prennent le pas sur cet opus. Celui-ci trouve cependant toujours le temps de placer un bon mot en pleine fusillade, ce qui n’est pas pour nous déplaire. En terme de gameplay, Naughty Dog a également su affiner sa recette. L’essentiel du jeu est constitué d’un savant mélange entre phases de grimpette et fusillades musclées avec au passage quelques énigmes dont la résolution passera par l’utilisation du carnet de Drake, jamais dénué d’indices. Les phases d’escalades au demeurant tout à fait sympathiques servent surtout à temporiser et souffler un peu dans l’aventure. Les décors praticables sont bien mis en évidence et on n’a aucun mal à progresser jusqu’à son point de chute. On peut en profiter pour admirer la taille et la beauté des décors grâce aux angles de vue choisis par le jeu. Au niveau des affrontements, il sera souvent possible de commencer par éliminer furtivement quelques ennemis avant d’entamer les hostilités. L’occasion une fois encore de juger si besoin était de la qualité des animations lorsque Nathan passe à l’action.
Entre deux coups de feux Nathan a toujours la possibilité d’affronter un ennemi à mains nues (à condition de ne pas se faire arroser par des rafales de balles). Ces combats sont très basiques et il faudra se contenter d’appuyer sur la touche carré et occasionnellement parer les coups avec triangle ou se dégager d’une étreinte en martelant la touche rond. Pas de système de combos ou autre, Nathan n’est pas Batman et ces attaques ne serviront qu’en cas de pénurie de balles ou de passages d’infiltration. Finalement le problème majeur de cet Uncharted 3 est que tout Uncharted qu’il est, on a du mal à se montrer surpris. Alors oui, on pardonne parce que c’est tellement bien fait que ça en reste agréable, mais un peu plus d’ambition dans l’écriture aurait été largement appréciable. C’est d’autant plus regrettable que la mise en scène est le point fort du jeu. On est souvent estomaqué par ce qui se passe à l’écran et ce manque de surprise n’empêche pas Uncharted 3 d’être aussi costaud que son prédécesseur qui avait déjà placé la barre très haut. En reprenant la même recette et en l’améliorant, cette suite ne révolutionne pas le genre ni même la série mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le boulot est fait avec un très haut degré de maîtrise. En ce sens il serait illogique et injuste que de pénaliser Uncharted 3 par rapport à son ancêtre.Il reste une dernière composante du jeu qui n’a pas encore été évoquée : le multijoueur. Introduit depuis le second épisode, le multijoueur d’Uncharted 3 a lui aussi gagné en profondeur. On trouve par exemple un mode coopération jouable en ligne ou en écran splitté. Dans ce mode il est possible de suivre 5 missions scénarisées ou repousser des vagues ennemis dans le mode Arène. La lisibilité n’est pas ce qu’il y a de mieux dans ce mode datant d’une époque que l’on croyait révolue et un grand téléviseur est plus que conseillé pour espérer y voir quelque chose.
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