Petit cours d’Histoire pour les noobs, et petit moment de nostalgie pour les anciens. La borne d’arcade de Daytona USA fut déclinée en plusieurs versions mais c’est surtout le cabinet Deluxe qui vient le plus souvent chatouiller nos mémoires. Reproduisant la structure de la voiture, vous preniez le contrôle d’un volant à retour de force extraordinaire, d’une boite de vitesse et de jolies pédales chromées pour entamer des tours de circuit endiablés servis par un écran géant entouré d’enceintes qui vous collaient au plus proche de l’action, notamment grâce à un bruit de moteur extrêmement fort et rauque. Si les premières parties solo ne vous avaient pas déjà rendu totalement accroc, maitre Sega avait encore une carte diabolique dans sa poche : la possibilité de linker jusqu’à 8 bornes entre elles pour vous permettre de concourir avec et contre vos potes, le tout entouré de 32 bots. Là, c’était du grand art. Si aucune borne n’était occupée et que vous preniez un peu de recule pour observer la structure dans son ensemble, vous aperceviez alors que les huit écrans n’en formaient qu’un seul et que la rolling démo apparaissait en géant. C’est un mot qui revient souvent pour ce jeu mais ce moment était tout simplement culte. La longévité du jeu en arcade tient du miracle et ce malgré la sortie d’un deuxième épisode. Il est en effet encore courant de trouver une salle d’arcade (enfin quand vous réussissez à en trouver une) qui possède toujours une borne Dayton USA qui tourne. C’est dire la popularité qu’il possède toujours 17 ans plus tard. Coté consoles, le jeu eu une carrière moins honorable. La technologie n’aidant pas, la première version du titre sur Saturn piquait énormément les yeux. Conversion la plus fidèle de l’arcade jusqu’à présent, surtout grâce au même design et à un gameplay proche, le jeu permit d’écouler un bon stock de machines lors de la première manche dans la guerre contre Sony.
C’est donc avec la joie teinté de nostalgie que nous avons entrepris nos premier tours sur la mythique piste de Daytona. Premier constat : c’est une conversion 100% fidèle à l’arcade. Cependant il ne s’agit pas de la version originale mais du remake 16/9ème et HD ressorti il y a quelques années par Sega en arcade. Graphiquement il est difficile de donner un avis tranché. Pour les anciens, le jeu fait énormément plaisir, c’est vraiment l’arcade à la maison. Fini le clipping, l’aliasing à outrance et les ralentissement, vous pouvez désormais pleurer de joie à chaque lancement de partie. . Niveau gameplay, Sega a tout bonnement réussi un miracle. Vous retrouverez les mêmes sensations que sur les bornes d’antan. Le jeu propose une marge de progression longue et bien pensée. Si les premières parties se feront sans aucun doute avec le véhicule automatique qui se concentre sur les dérapages contrôlés au frein et à l’accélération, il vous faudra passer sur la conduite manuelle pour apprécier les immenses qualités du gameplay construit pour le jeu. Dans ce mode votre vitesse de pointe sera légèrement supérieure à la version auto. Autant le dire tout de suite, n’imaginez même pas gagner une course online si vous n’y êtes pas. Un concurrent qui maitrise un minimum la boite de vitesse et vous êtes foutu. La voiture manuelle vous permet de gérer les vitesses de la première à la quatrième au pad. Coup de génie de Sega, vous pouvez les passer avec les boutons de tranches comme dans un Gran Turismo, mais vous pouvez surtout utiliser les boutons, chacun ayant une vitesse affectée. Pourquoi cette subtilité est-elle si importante me direz-vous? Pour répondre je vais devoir vous apprendre les bases de la conduite de Daytona USA.
C’est simple, les dérapages de la voiture se contrôlent en rétrogradant d’un seul coup de la 4ème à la 2ème ou 1ère tout en braquant totalement votre volant. La voiture part en dérapage sans perte de vitesse et à la sortie de votre virage vous n’avez plus qu’a remettre la 4ème pour retrouver votre alignement et votre vitesse de pointe. Cette manipulation transmise entre joueurs d’arcade n’aurait tout simplement pu être effectuée si Sega avait simplement proposé le changement de vitesse sur la tranche. Bien sûr cette manipulation demande un peu de dextérité et il vous faudra de l’entrainement avant de la maitriser sur l’ensemble des circuits et de certains passages bien corsés. Comme tous les jeux de voiture, la conduite sera sans doute plus aisée avec la vue extérieure, mais les anciens retrouveront avec plaisir les 3 autres vues, dont notamment la célébrissime et généralissime vue cockpit. Reproduisant uniquement le tableau de bord, ses compteurs et le capot vibrant de la voiture, cette dernière était extrêmement immersive à l’époque puisque le volant n’avait pas à apparaitre puisque vous l’aviez dans les mains. Tout simplement génial. Daytona USA ne propose heureusement pas uniquement le jeu d’origine. Pour compléter l’expérience et jouer sur la nostalgie, Sega a eu la bonne idée d’y inclure des challenges, un mode karaoké, mais surtout un mode online. Le mode challenge est un tutorial déguisé puisque pour chaque circuit vous aurez un objectif à atteindre : passer un certain virage au dessus d’une certaine vitesse, compléter un tour dans un temps défini, renverser des plots en suivant des trajectoires, etc… Tout est fait pour vous apprendre graduellement la maniabilité du titre. C’est dans ce mode particulier que vous comprendrez que le gameplay n’est pas si simple qu’il n’y parait et que mon astuce de la boite de vitesse va se révéler salvateur. En effet, comment passer l’énorme virage du premier circuit sans descendre en dessous de 230 km/H ? Essayez avec ma méthode, vous verrez, ça vous changera la vie.
Finalement, la nostalgie passée et votre entrainement terminé, vous voila prêt pour affronter d’autres joueurs. Direction le mode online pour des courses à l’ancienne, c’est à dire avec 8 joueurs humains contre 32 bots. Premier carton rouge : avec les technologies actuelles Sega aurait dû nous proposer un plus grand nombre de participants humains. Une partie à 40 et c’était la note ultime assurée tellement le charme du jeu se concentre dans ces affrontements bien crapuleux que l’on peut vivre sur les différents circuits. Vous retrouverez cependant tout ce qui faisait le charme de l’arcade avec ses petits coups de tapin que l’on fait aux autres lorsque, par exemple, nous les coinçons contre un mur pour qu’ils finissent par avoir un accident. Le charme de ces joutes vient du fait que bien souvent arriver premier de la course ne sera qu’accessoire. L’objectif sera d’être le premier des huit runs lorsque le temps sera écoulé. Les règles sont les même online que tout seul. Trois circuits sont proposés, chacun correspondant à un niveau de difficulté. Vous passez des checkpoints réguliers qui vous redonnent quelques secondes salvatrices pour tenter de terminer les tours définis dans le temps imparti (Time extension !). Le mode multi de Daytona USA est tellement fun que l’on ne peut être que déçu lorsque l’on constate l’absence totalement injustifiée et quand même scandaleuse d’un mode deux joueurs en local. Franchement, nous appelons de nos voeux une mise à jour qui corrigerait cette lacune tellement on aimerait pouvoir se faire des soirées entre potes à la maison. 17 ans, c’est le temps qu’il aura fallu à Sega pour enfin nous offrir une conversion digne de l’arcade sur nos consoles de salon. Bien entendu le titre souffre aujourd’hui de graphismes dépassés et d’un nombre de courses ridicules, cependant le fun immédiat procuré par le jeu est intact malgré le poids des années. C’est un achat indispensable pour les nostalgiques et un petit prix qui devrait laisser tenter tous ceux qui cherchent une expérience fun, immédiate et surtout faisant partie intégrante de notre patrimoine vidéoludique.































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